Homélie du Jeudi Saint

1ère lecture : le repas pascal, ancêtre de notre eucharistie : Ex 12,1-8;11-14

2ème lecture : le plus ancien récit de l’institution de l’eucharistie : : 1 Cor 11,23-26

Evangile : le lavement des pieds : Jn 13,1-5

Jésus n’a pas subi sa mort : il l’a vécue consciemment et en toute liberté. Il a choisi d’en faire un don de vie : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jn 10,18). Il était venu pour nous révéler l’amour du Père et il a choisi d’aller au bout de sa mission quel qu’en soit le prix : « Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13,1).

La dernière soirée qu’il partage avec ses disciples est donc particulièrement intense ; c’est son repas d’adieu (la « dernière cène ») au cours duquel il va non seulement nous livrer son dernier message (son « testament spirituel ») mais aussi sa propre vie.

Et tout cela dans le contexte si particulier de la fête de la Pâque juive, la grande commémoration du « passage » de l’esclavage à la liberté. « Faire mémoire » de l’Exode c’est beaucoup plus que simplement se souvenir de ce qui s’est passé à l’époque de Moïse. C’est continuer à vivre cette grande aventure ! Car l’histoire continue, et aujourd’hui encore, il nous faut nous libérer de tout ce qui peut entraver notre vie et notre monde pour aller vers une vie plus belle, plus libre, plus juste, pour tous. Moïse avait été l’instrument de cette libération et de cette « alliance pour la vie » conclue sur le Sinaï entre Dieu et son peuple. Jésus est l’instrument d’une libération bien plus profonde – il nous libère du mal et du caractère définitif de la mort – et d’une alliance définitive, la nouvelle Alliance conclue dans son sang.

Dans ce repas pascal très particulier, chaque élément devait aider revivre ce grand moment : le pain azyme, la coupe de vin, les herbes amères, comme celles du désert, et l’agneau sans tache dont le sang versé est devenu le symbole de la libération. Lors du dernier repas de Jésus, on retrouve ces éléments, le pain et le vin, comme on les retrouve dans nos eucharisties aujourd’hui, mais pas d’agneau ! Sauf que le véritable « agneau pascal » est bien là : c’est Jésus qui, au prix de son sacrifice, nous obtient la véritable libération !

Son dernier message,son « testament spirituel », Jésus nous le laisse sous forme concentrée de deux gestes qui en disent plus que tous les discours et que nous devons longuement méditer : le partage du pain et du vin, et le lavement des pieds.

Le premier, rapporté par Marc, Mathieu et Luc, est repris du rite de la Pâque juive et approfondi par Jésus : « Le pain que Dieu vous donne, c’est moi ! ». Le geste est simple mais les paroles sont rudes : « Ceci est mon corps livré pour vous : mangez ! Ceci est mon sang versé pour vous : buvez ! » – difficile d’être plus  incarné ! – « Chaque fois que vous referez ce geste, vous proclamerez ma mort et ma résurrection, vous actualiserez mon sacrifice, vous recevrez le cadeau de ma vie donné pour vous et pour la multitude ».

Le deuxième geste, rapporté uniquement par Jean, est emprunté à la vie de tous les jours : un humble geste de service. Comme pour nous dire que c’est à notre portée à tous, et qu’il ne faut pas chercher midi à quatorze heures quand nous nous demandons comment aimer. Un geste qui a surpris et choqué Pierre : était-ce bien le moment ? était-ce bien au Maître d’accomplir ce geste réservé au serviteur ? Oui justement : c’est ce geste d’abaissement qui dit le mieux ce qu’est aimer : se mettre au niveau de l’autre, du plus petit, pour l’aider à grandir.

Ce geste prémédité, provocateur, est un concentré non seulement du message de Jésus mais aussi de ce qu’il est en train de vivre : son abaissement et son relèvement, sa mort et sa résurrection. C’est en même temps une invitation à le suivre sur ce même chemin : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur » et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous lavez les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

En cette période de confinement, ne manquons pas de nous laisser toucher par tous ces gestes d’humbles services posés dans les hôpitaux, les maisons de repos et tous les lieux de service à la population : ils répercutent pour nous le message de Jésus. Et demandons-nous comment, chacun dans la position que est la sienne, nous pouvons embrayer dans cette grande chaîne de solidarité, de don de soi, de service qui nous aidera à traverser la pandémie et à monter vers Pâques.

Jacques Boever

Nous pouvons prier plus spécialement

  • pour les victimes du Covid19 et leurs familles, les personnes isolées et inquiètes…
  • pour ceux qui exercent la responsabilité du bien commun…
  • pour tous ceux qui paient de leur personne pour soigner, aider, accompagner, servir…
  • pour les prêtres dont c’est la fête en ce jeudi saint

Pour marquer Pâques

Chers Confrères,

Le Conseil permanent de la Conférence épiscopale propose que toutes les
paroisses de Belgique fassent sonner les cloches le jour de Pâques à
midi. Je trouve que c’est une belle manière de célébrer Pâques dans un
cadre de confinement. C’est pourquoi je vous demande de répercuter cette
demande auprès de toutes les églises paroissiales de votre ressort et de
veiller à activer cette sonnerie le 12 avril à midi.

Bonne préparation à Pâques et bon triduum pascal!

+ Jean-Pierre Delville

Déclaration des chefs de cultes de Belgique

Tout est devenu très calme aujourd’hui. Ce que nous vivons est du jamais vu. Nous pensions que de tels événements ne pouvaient plus se produire, jadis peut-être et sans doute ailleurs mais sûrement pas dans une société développée comme la nôtre. Nous nous sentions seigneur et maître, intouchables. Le coronavirus Covid-19 nous enlève cette illusion : nous ne maitrisons pas tout, nous sommes des êtres fragiles et vulnérables, non seulement ici ou là, mais partout dans le monde.

Dans cette insécurité et cette angoisse germe cependant un signe d’espoir et de force : on constate en effet, l’ampleur de la solidarité au sein de notre société. On tente parfois de résoudre les problèmes et les défis auxquels on est confronté en les maintenant hors de nos frontières, mais le virus ne connaît pas de frontières. Dieu nous a confié cette terre, c’est notre maison commune. Nous sommes responsables les uns des autres.

Notre attention va en premier lieu aux victimes du virus : ceux qui sont contaminés, ceux qui sont hospitalisés, principalement ceux qui en sont décédés et les familles qui vivent cela de très près. Notre reconnaissance est très vive à l’égard de tous ceux qui leur sont proches : les médecins, le personnel soignant et les nombreux bénévoles. A l’égard aussi de ceux qui continuent d’assurer les services indispensables malgré l’arrêt de la vie sociale.

En tant que dirigeants religieux de notre pays, nous exprimons toute notre estime à ceux qui luttent résolument contre le virus. Nous disons notre gratitude pour l’aide à ceux qui subissent de grandes difficultés financières suite à cette épidémie. Nous tenons également en haute estime le sens des responsabilités dont fait preuve la population de notre pays. Un excellent système de soins de santé a pu être mis sur pied dans notre pays au fil des ans. Nous réalisons plus que jamais son importance pour l’avenir.

Nous sommes obligés de garder nos distances, mais cela ne peut nous empêcher de rester unis plus que jamais. Au travers de nos diversités culturelles et religieuses, c’est notre humanité qui nous lie profondément les uns aux autres. Qui que nous soyons et quelles que soient nos convictions, nous sommes des compagnons de route, responsables les uns des autres.

Nos communautés ne peuvent plus se rassembler pour prier dans les synagogues, les églises et les mosquées. Mais la solidarité et le devoir de la prière restent toujours d’application. Nous vous adressons un appel pressant : prions chacun selon sa propre tradition, pour les malades et les mourants et ceux qui les assistent. Prions les uns pour les autres et pour notre pays. Prions pour qu’à travers cette crise, nous puissions discerner ce qui est important dans la vie. Plus que jamais nos armes sont aujourd’hui la prière et la solidarité.

Nous attendons tous la fin rapide de cette crise. Mais nous espérons aussi, qu’une fois passée, nous n’oublierons pas trop vite ce qui nous est arrivé. Car qui oublie, accroit sa fragilité. Cette crise peut nous ouvrir les yeux et nous aider à revoir nos priorités, tant dans notre vie privée que dans la vie en société. Puissions-nous, une fois la crise passée, nous souvenir que dans nos diversités, nous avons besoin les uns des autres. Cherchons de nouvelles formes d’hospitalité, de fraternité et de solidarité. Les religions peuvent jouer un rôle important dans cette recherche et cette redéfinition de nos priorités. C’est au nom de cette responsabilité que nous, leaders religieux de notre pays, prenons ici la parole.

Les chefs de cultes de Belgique

Au nom des communautés juives, chrétiennes et musulmanes :

Cardinal Jozef De Kesel, Pasteur Steven Fuite, Grand Rabbin Albert Guigui, Dr. Geert W. Lorein, Maître Philippe Markiewicz, Chanoine Dr. Jack McDonald, Monsieur Mehmet Üstün, Métropolite Athenagoras Peckstadt.

Veilleur, où donc en est la nuit ?

Message de carême, en ce temps de crise sanitaire

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

« Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où donc en est la nuit ? » Telle est la voix que le prophète Isaïe a entendue autrefois, en période de détresse (Is 21,11-17). Elle retentit aussi à nos oreilles. Combien de temps notre crise sanitaire va-t-elle durer ? Nous venons tous les jours aux nouvelles. Comme au temps d’Isaïe : « Le veilleur répond : ‘Le matin vient, et puis encore la nuit… Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez’. » Alors le prophète invite à la solidarité : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, portez-lui de l’eau, accueillez le fugitif avec du pain ». Et il prophétise la victoire sur l’ennemi : il ouvre la voie à l’espérance.

Nous aussi nous vivons une nuit, malgré le beau soleil du printemps. Le raz-de-marée mondial de l’épidémie de Coronavirus envahit notre quotidien et nos médias. Que reste-t-il de notre vie et de nos projets ? Que faisons-nous de nos journées, seuls ou en famille ? Comment nous organiser à nouveaux frais, face aux difficultés de déplacement et face au chômage professionnel ? Comment vivre la Semaine Sainte et le temps pascal dans ces circonstances ?

La peur de l’ennemi invisible

D’abord, on est frappé par la peur : la peur pour soi-même et sa santé ; la peur pour les autres et pour nos proches ; puis la peur des autres, qui pourraient nous contaminer ; et la peur pour notre avenir dans cette situation de paralysie sociale. Chacun est frappé d’une façon ou d’une autre : dans son travail, dans sa maison, dans sa santé, dans son moral, dans ses relations. Le virus est arrivé, c’est un ennemi invisible et nous cherchons à nous protéger. Nous sommes plus isolés que d’habitude et devons nous débrouiller pour beaucoup de choses ; nous devons aussi prendre des décisions, nous devons nous organiser, nous devons nous donner des consignes pour changer notre style de vie. On dirait que l’histoire s’est arrêtée et qu’il n’y a plus qu’une seule info sur les médias : le coronavirus. Les projets sont mis en veilleuse et rangés au fond des tiroirs. Les rendez-vous qui scandaient le cours du temps sont supprimés, les réunions sont reportées. Le risque est alors de nous replier sur nous-mêmes et sur nos problèmes, sur notre santé et sur nos proches.

Le besoin de solidarité

Pourtant, si le coronavirus nous a appris une chose, c’est à nous rapprocher affectivement les uns des autres. En étant séparés physiquement, nous découvrons que nous sommes appelés à être proches humainement. Nous découvrons de nouveaux moyens techniques pour nous contacter. Nous sommes dans l’action de grâces et l’admiration pour nos soignants et nos gouvernants. Nous ressentons mieux la nécessité du rapport écologique à la création. Nous nous sentons plus proches de tous ceux qui souffrent dans le monde. Nous découvrons notre destin commun. Jamais plus, le monde ne sera comme avant. Il devra être plus solidaire.

Une deuxième chose que nous avons découverte, c’est notre fragilité : il suffit d’un petit virus pour que toute la société soit arrêtée et se trouve en grave crise économique et sociale. Tous sont touchés, du plus pauvre au plus puissant. Subitement, les scènes de détresse ne sont plus l’apanage des pays pauvres, mais aussi des pays riches. Cette crise nous pousse à redécouvrir nos vraies valeurs : le sens de la relation sociale, le sens de la sobriété, le sens de la spiritualité et de la foi.

Jésus face à la mort de son ami Lazare

Dans l’évangile de ce 5e dimanche de carême, 29 mars 2020, nous découvrons Jésus qui pleure près de son ami Lazare, décédé inopinément (Jn 11,1-45). Jésus encaisse la souffrance due à la mort de son ami et à la tristesse de ses sœurs. Cela nous fait penser à ceux qui sont décédés récemment, du coronavirus ou d’une autre affection. Nous les portons dans notre cœur, à commencer par l’abbé Lech Walaszczik, curé de Chênée-Angleur-Vennes, décédé d’un infarctus, qui était aimé de tous. C’est après avoir traversé cette épreuve de confrontation à la mort que Jésus rendra la vie à Lazare. La résurrection a nécessité une incubation. Ainsi la souffrance due au coronavirus est-elle pour nous un temps d’incubation spirituelle, un temps de recueillement, qui nous donnera des énergies vitales pour construire le futur. Il nous concentre sur notre propre énergie spirituelle pour que celle-ci nous permette de réagir, de survivre et de nous engager de manière renouvelée. Ainsi nous vivrons notre Pâques comme une vraie mort à nous-mêmes et à notre orgueil, pour recevoir du Christ la vie véritable, qui a une valeur éternelle.

S’engager pour les pauvres

N’oublions pas ceux qui souffrent plus que nous, en particulier ceux d’Haïti, à qui nous consacrons notre carême de partage ! Entraide et Fraternité, l’ONG de solidarité de l’Église catholique, a centré son attention sur la situation en Haïti. Cette île très pauvre, frappée par un terrible tremblement de terre il y a dix ans, n’a pas encore pu être reconstruite ; sa cathédrale à moitié détruite est devenue un symbole de pauvreté, mais aussi de foi ! Des groupements dynamiques relancent l’agriculture dans le respect de la nature et de l’écologie. Ce sont des associations porteuses d’avenir que nous voulons aider durant ce carême de partage. Pour un euro que vous donnerez, la population locale en recevra cinq via le projet qui a été reconnu par les autorités belges. Donc, ne négligez pas la collecte du carême de partage, le dimanche des Rameaux : faites un don par virement bancaire au compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité, 32 rue du Gouvernement Provisoire, 1000 Bruxelles, avec la mention « 6573 Carême de partage » ou sur le site internet www.entraide.be/don.

Consignes de prière

Ce vendredi 27 mars à 18 h, le pape François nous convie à une prière œcuménique en mondovision ! Associez-vous à cette prière par votre TV et vos autre médias.

Dès ce samedi 28 mars, vous trouverez sur le site du vicariat Annoncer l’évangile (https://annoncerlevangile.be), trois propositions de prière à domicile pour les jeudi saint, vendredi saint et samedi saint, dans une version avec enfants et dans une version pour adultes seuls. Diffusez-les et utilisez-les !

Pendant les jours de la Semaine Sainte, les églises demeurées ouvertes peuvent être décorées d’une façon qui évoque la liturgie du jour, avec des fleurs, des textes et des objets symboliques.

Dimanche des Rameaux et de passion, 5 avril, conformément au document de la Conférence épiscopale envoyé ce lundi 23 mars à 16.46 h. par e-mail, il faut éviter toute célébration publique. Mais les rameaux cueillis par les fidèles et apportés dans leurs maisons seront considérés comme bénis, par association spirituelle aux offices célébrés en privé et diffusés par les médias. Les rameaux bénis par les prêtres dans les célébrations privées ne pourront être disponibles qu’après le confinement.

La messe chrismale prévue pour le 8 avril est reportée à une date ultérieure.

N’oubliez pas de vous associer aux applaudissements des gens en remerciement au personnel soignant tous les soirs à 20 h. Les cloches des églises peuvent sonner à ce moment, c’est encourageant pour tous.

Les mariages reportés à date ultérieure pourront être programmés mêmes les dimanches et jours de fête, à titre exceptionnel.

Les funérailles doivent se dérouler en plein air, même dans des endroits différents des cimetières, mais avec quinze personnes maximum et en tenant les distances voulues.

Vu ces circonstances et en concertation avec les autres diocèses wallons, je vous prie de ne plus demander d’offrande de casuel à l’occasion de funérailles. Les fidèles sont évidemment libres de faire spontanément un don, qui dans ce cas reviendra à l’ASBL d’Unité Pastorale, ou, à son défaut, à la caisse d’UP, moyennant le défraiement de frais éventuels.

Concernant la transmission des comptes de Conseil de fabrique, ceux-ci peuvent être envoyés au Vicariat du temporel (Service des fabriques d’église) par la poste, soit être déposés à l’accueil du bâtiment « Espace Prémontrés »  (40, rue des Prémontrés). Si aucune de ces deux voies n’est possible, pour des raison de santé, de sécurité, ou de confinement, un fabricien peut envoyer un mail au Vicaire épiscopal (e.debeukelaer@catho.be) expliquant cela. Dans ce cas, l’étude des comptes attendra le moment propice.

La diffusion des offices liturgiques par les moyens de communications divers est valorisée et conseillée (RCF, YouTube, Facebook, KTO, etc.). RCF (sur FM 93.8) diffuse en semaine la célébration de la messe à 19 h. Celle du vendredi est une célébration œcuménique. Celle du vendredi 3 avril sera interreligieuse et sera assurée par le rabbin Joshuah Nejman, l’iman Franck Hensch et moi-même. Le samedi à 17 h. a lieu l’eucharistie dominicale.

Le message d’espérance

« Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion » (Is 52,8).

Le mal n’aura pas le dernier mot, la peur ne triomphera pas, l’amour l’emportera. Comme nous le disons à chaque eucharistie :

Délivre-nous de tout mal, Seigneur,
et donne la paix à notre temps ;
par ta miséricorde, libère-nous du péché,
rassure-nous devant les épreuves
en cette vie où nous espérons
le bonheur que tu promets
et l’avènement de Jésus Christ,
notre Sauveur.

Bonne fin de carême à tous !

Liège, 26 mars 2020

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Semaine Sainte

Directives des évêques de Belgique 

Toutes les célébrations religieuses publiques sont annulées

La propagation du coronavirus contraint toutes les autorités et institutions publiques de notre pays à une extrême prudence. L’Église veut, elle aussi, endiguer la propagation de ce virus. Les évêques de Belgique ont dès lors décidé de prolonger la suspension de toutes les célébrations religieuses publiques et ce jusqu’au 19 avril inclus. Ces dernières reprendront lorsque les autorités tant civiles et qu’ecclésiastiques l’auront autorisé. Les évêques prennent ces mesures conformé- ment aux adaptations possibles pour la célébration du temps pascal, telles que le Pape François les a proposées et données en exemple. 

Tous les services liturgiques de la Semaine Sainte (5-12 avril 2020) sont suspendus. Chaque évêque peut établir une exception pour quelques lieux afin que les fidèles puissent suivre ces ser- vices à la radio, à la télévision ou en livestream. Seuls les collaborateurs nécessaires pour l’enregistrement de la célébration pourront se trouver dans l’église. Ils respecteront avec soin les règles de la ‘distance sociale’. 

Cette suspension s’applique à toutes les églises et chapelles où se célèbre publiquement le culte, y compris les chapelles ou lieux de prière des monastères, des institutions catholiques ou des lieux de pèlerinage. Elle s’applique également aux communautés non-catholiques qui font usage des églises ou des chapelles catholiques. Les communautés contemplatives ou monastiques célèbreront la prière des heures et les offices de la Semaine Sainte en cercle fermé, sans hôtes, ni visiteurs. L’information sur les services liturgiques diffusés à la radio, à la télévision ou en livestream pendant la Semaine Sainte sera disponible sur le site de Cathobel et de Kerknet ainsi que sur les sites diocésains ou vicariaux. 

1. Dimanche des Rameaux 

Bien qu’il n’y ait pas de célébrations publiques, quelques célébrations avec seulement quelques per- sonnes sont prévues en vue des diffusions à la radio, à la télévision ou en livestream. Elles se dérou- leront en cercle fermé et dans le respect de la distance de sécurité prescrite. Les rameaux bénits ne seront mis à disposition ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’église. Il y a pour cela une double raison. Une raison liturgique : ces rameaux font partie de la liturgie du dimanche des Rameaux. Une raison préventive : éviter tout rassemblement. 

2. Messe chrismale 

La bénédiction des Saintes Huiles et la consécration du Saint Chrême (pour le baptême, la confirma- tion, l’ordination presbytérale et l’onction des malades) aura lieu en cercle fermé et sera présidée par l’évêque et quelques prêtres. Chaque évêque a également la possibilité de reporter la célébra- tion de la messe chrismale jusqu’à l’autorisation de reprise des célébrations liturgiques publiques. Les Saintes Huiles seront distribuées après la pandémie selon les directives de chaque diocèse. 

3. Jeudi Saint, Vendredi Saint, Veillée pascale et Pâques 

Seules les célébrations avec quelques personnes en vue de leur diffusion à la radio, à la télévision ou en streaming pourront avoir lieu. Elles se dérouleront cercle fermé, dans le respect de la distance de sécurité prescrite. 

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ulté- rieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets- lui: “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream. 

4. Baptêmes d’adultes 

Cette année, les baptêmes d’adultes ne pourront avoir lieu ni la nuit, ni le jour de Pâques. Les évêques sont unis à tous ceux qui se préparent de longue date à leur baptême pour Pâques. Ils com- prennent leur déception et leur demandent de la patience. Ils leur proposeront dès que possible une autre date ou une autre période pour leur baptême. 

5. Baptêmes et mariages religieux 

Tous les baptêmes et mariages religieux sont reportés jusqu’à ce que ces célébrations soient à nou- veau possibles. Les évêques prennent cette décision difficile, tout en partageant la déception de tous ceux qui avaient préparé avec soin et attendaient intensément leur mariage ou le baptême de leur enfant. 

6. Confirmations et premières communions 

Les célébrations de la confirmation et de la première communion prévues jusqu’au 19 avril ne pour- ront malheureusement pas avoir lieu. C’est une décision grave dont nous mesurons pleinement l’impact pour les enfants et les jeunes concernés, pour leurs familles et pour la paroisse. En ce qui concerne les confirmations et premières communions prévues après le 19 avril, il est trop tôt en ce moment de prendre des décisions définitives. Les évêques communiqueront le plus tôt possible et dès que les mesures du gouvernement le permettront, les informations nécessaires. 

7. Ouverture des églises 

Sauf décision contraire de la commune, les églises restent ouvertes pour la prière individuelle et le recueillement quand c’est possible. L’église, en tant qu’espace public, est bien évidemment soumise aux mesures gouvernementales, dont la distance de sécurité. 

8. Campagnes de Carême Entraide et Fraternité et Broederlijk Delen 

Les campagnes annuelles de Carême des deux organisations liées à l’Eglise ne sont quant à elles pas suspendues. Seules les collectes ecclésiales en liquide ne pourront avoir lieu. Les évêques appellent les fidèles à poursuivre la solidarité avec les populations et les pays dans le besoin et à effectuer leur  don annuel par virement bancaire. Pour Entraide et Fraternité (Miteinander Teilen) via le compte BE68 0000 0000 3434 et pour Broederlijk Delen via le compte BE12 0000 0000 9292. 

9. Les cloches de remerciement et d’espérance 

Les évêques s’associent à toutes les marques de gratitude et d’estime de la population envers ceux qui s’investissent dans la lutte contre le coronavirus : médecins, infirmières et infirmiers, services de police et d’urgence, décideurs politiques et leurs administrations. Les paroisses qui le souhaitent peuvent bien sûr s’associer à ceux qui applaudissent le soir les personnes engagées dans la lutte contre le coronavirus. Elles peuvent mettre par exemple une bougie devant la fenêtre ou faire son- ner les cloches (de préférence les cloches de l’angélus à celles des fêtes). 

10. Médias 

Les diocèses restent autant que possible en contact avec l’ensemble des croyants, aussi bien au plan national qu’au plan diocésain, par le biais de messages vidéo ou en livestream. Vous trouverez les liens utiles et les aperçus sur les pages interdiocésaines et diocésaines de Cathobel ou de Kerknet

La RTBF et la VRT essayent de poursuivre la diffusion, le dimanche, des célébrations eucharistiques à la radio et à la télévision. RCF, KTO, France 2, Radio Maria et NPO Nederland diffusent également des célébrations religieuses. 

Les évêques de Belgique 

23 mars 2020 

Funérailles

Recommandation des évêques de Belgique

Les funérailles religieuses uniquement en cercle très restreint

Compte tenu des nouvelles mesures édictées aujourd’hui par les autorités, les évêques belges rappellent que les funérailles religieuses ne peuvent momentanément avoir lieu qu’en cercle très restreint. Cela signifie que seuls quelques proches parents pourront être présents dans l’église et à une distance suffisante les uns des autres.

Il est toujours possible de se limiter à une prière d’adieu au cimetière. Également en cercle très restreint.

Lorsque la pandémie aura pris fin, des célébrations de commémoration seront organisées lorsque l’église est disponible, pour toutes les personnes décédées durant la période où les mesures restrictives sont d’application pour lutter contre la pandémie de Corona.

La conférence épiscopale de Belgique

Carême de partage 2020

Justice climatique pour Haïti et pour notre maison commune !

Le Carême est un temps de conversion avant d’entrer dans la joie de Pâques.

La conversion à l’espérance de Pâques, c’est aussi entamer un chemin dans un monde qui nous appelle au changement pour protéger notre maison commune : changer nos modes de vie, de production, de consommation pour surmonter les défis écologiques et humains qui sont devant nous. Nos modes de vie très énergivores épuisent les ressources de la planète et affectent le climat. Et le climat à son tour affecte les récoltes des communautés paysannes et affament des millions de gens. Faisons confiance à l’appel du Christ et répondons par l’urgence de bâtir une solidarité internationale. « Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous » écrit le pape François dans Laudato Si’ (§ 13).

Le Carême de partage sera pour les communautés chrétiennes l’occasion de se mobiliser cette année aux côtés du peuple haïtien qui compte parmi les premières victimes du changement climatique. Nous voulons nous associer aux nombreuses voix qui, de par le monde, réclament la justice climatique. Osons ensemble remettre en cause les structures injustes qui appauvrissent et enchaînent. Aux côtés de nos partenaires haïtiens, mobilisons-nous : pas de justice climatique possible sans justice sociale, commerciale, fiscale… sans justice tout court !

Protégeons les victimes des changements climatiques. Défendons les droits de celles et ceux qui nous nourrissent. Dénonçons l’impunité des multinationales. Nous vous invitons durant la campagne de Carême de partage à signer et à faire signer dans vos communautés nos revendications sur l’affiche-pétition.

Marchons vers Pâques sur ce chemin de solidarité. Participer aux collectes de Carême, c’est faire de son don un signe de partage avec toute l’humanité. Transformons la clameur de nos partenaires haïtiens en espérance. Car à l’Haïti qui souffre répond l’Haïti qui résiste.

Vivre un Carême de Partage 2020

40 jours pour ré-enchanter la solidarité

Solidarité avec Haïti,

à l’ère du coronavirus

Une proposition d’Entraide et Fraternité

Chers Frères et Sœurs,

Le ras-de-marée mondial de l’épidémie de Coronavirus envahit notre quotidien et nos médias. Que reste-t-il de notre vie et de nos projets ?

L’ennemi invisible

Chacun est frappé d’une façon ou d’une autre : dans son travail, dans sa maison, dans sa santé, dans son moral, dans ses relations. Le virus est arrivé, c’est un ennemi invisible et nous cherchons à nous protéger. Nous sommes plus isolés que d’habitude et devons nous débrouiller pour beaucoup de choses ; nous devons aussi prendre des décisions, nous devons nous organiser, nous devons nous donner des consignes pour changer notre style de vie.

L’histoire s’est arrêtée

On dirait que l’histoire s’est arrêtée et qu’il n’y a plus qu’une seule info sur les médias : le coronavirus. On dirait que les autres affaires n’existent plus. Comme le disait Andrea Riccardi ce 18 mars 2020, on a perdu le sens de l’histoire. Il n’y a plus d’objectifs communs, plus de grands faits, plus de combats ! Tous les projets sont mis en veilleuse et rangés au fond des tiroirs. Les rendez-vous qui scandaient le cours du temps sont supprimés, les réunions sont abolies. Le risque est alors de nous replier sur nous-mêmes et sur nos problèmes, sur notre santé et sur nos proches.

Les leçons du présent

Pourtant, si le coronavirus nous a appris une chose, c’est que la mondialisation existe bel et bien : le virus s’est communiqué en quelques semaines au monde entier, du fond de la Chine aux autres continents. Si la mondialisation existe pour la maladie et pour les médias, qu’en est-il pour la solidarité ? Une deuxième chose que nous avons découverte, c’est notre fragilité : il suffit d’un petit virus pour que toute la société soit arrêtée et se trouve en grave crise économique et sociale. Tous sont touchés, du plus pauvre au plus puissant. Subitement, les scènes de détresse ne sont plus l’apanage des pays pauvres, mais aussi des pays riches. Alors comment réagir ? Cette crise nous pousse à redécouvrir nos vraies valeurs : le sens de la relation sociale, le sens de la sobriété, le sens de notre interdépendance mondiale. Alors, que la crise nous fasse redécouvrir celles et ceux qui souffrent plus que nous et plus souvent que nous ! Qu’elle éclaire d’un jour nouveau nos projets et nos espoirs.

S’engager pour Haïti

Or, l’un de ces projets pleins d’espérance, c’est celui qu’Entraide et Fraternité, l’ONG de solidarité de l’Église catholique, a préparé pour notre carême de partage : il est centré sur la situation en Haïti. Cette île très pauvre, frappée par un terrible tremblement de terre il y a dix ans, n’a pas encore pu être reconstruite ; sa cathédrale à moitié détruite est devenue un symbole de pauvreté, mais aussi de foi ! Car derrière les ruines, on trouve toute une activité, avec des groupements dynamiques, comme ceux qui relancent l’agriculture dans le respect de la nature et de l’écologie. Ils ont formé des projets portés par des communautés locales, qui ont pris en main leur destin et leurs responsabilités. Telles sont les associations porteuses d’avenir que nous voulons aider durant ce carême de partage. Tous les projets qu’elles ont préparés en comptant sur notre soutien ne peuvent être abandonnés à eux-mêmes. Leurs acteurs dynamiques doivent être encouragés. La turbulence d’ici ne doit pas nous faire oublier les populations de là-bas. Tous les collaborateurs belges d’Entraide et Fraternité, bénévoles comme professionnels, comptent sur votre soutien. Vous le savez, vu qu’Entraide et Fraternité est reconnue comme ONG, les dons que vous faites pour les projets qu’elle soutient sont multipliés par quatre par le gouvernement belge. Pour un euro que vous donnerez, la population locale en recevra cinq via le projet qui a été reconnu par les autorités belges. Donc, ne négligez pas les deux collectes du carême de partage, même si vous ne pouvez nous rendre dans les églises pour prier et pour y faire votre offrande, le 4e dimanche de Carême et le dimanche des Rameaux. À défaut de collecte en liquide, faites un don par virement bancaire au compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité, 32 rue du Gouvernement Provisoire, 1000 Bruxelles, avec la mention « 6573 Carême de partage » ou sur leur site internet www.entraide.be/don.

Une incubation spirituelle

Dans l’évangile du 5e dimanche de ce carême (Jn 11,1-45), nous découvrons Jésus qui pleure près de son ami Lazare, décédé inopinément. Jésus encaisse la souffrance due à la mort de son ami et à la tristesse de ses sœurs. C’est après avoir traversé cette épreuve que Jésus rendra la vie à Lazare. La résurrection a nécessité une incubation. Ainsi la souffrance due au coronavirus est-elle pour nous un temps d’incubation spirituelle, un temps de recueillement, qui nous donnera des énergies vitales pour construire le futur. Le coronavirus nous donne des forces pour être solidaires des plus pauvres, et en particulier de ceux d’Haïti !

Merci de ne pas les oublier, même dans notre situation de détresse ! Merci pour votre solidarité durant ce temps de crise !

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, référendaire pour Entraide et Fraternité

Clermont – Groupe de prière

Chaque mois, nous nous réunissons pour un moment de prière dans l’une ou l’autre maison.
Vous aimeriez participer et/ou recevoir chez vous pour cette prière à
l’école de l’Evangile avec Marie?
Faites-vous connaître.
Information auprès de Florence Flagothier
florencejmflagothier@gmail.com ou 0486/47.89.46
« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. »